La planète football va-t-elle connaître une petite révolution d'ici trois ans ? Les «victoires à crédit» vivent-elles leur dernière heure ? C'est en tout cas le souhait du comité exécutif de l'UEFA qui devrait avaliser ces prochains jours à Nion (Suisse) le principe d'un « fair-play financier », une sorte de Direction nationale du contrôle de gestion à l'échelle européenne.Sanctions d'ici 2013-2014En clair, un club ne pourra plus dépenser pas d'argent qu'il en génère pour figurer dans les compétitions européennes. Michel Platini, le président de l'organe décisionnaire, souhaite même que ce principe voit le jour rapidement. Dès 2012-2013, l'UEFA entend examiner l'évolution des comptes sur les deux saisons écoulées. Et à partir de 2013-2014, les clubs pourraient faire face à des sanctions, allant de la simple amende à la suspension de la compétition.
Principe accepté par 100 clubsPour l'heure, le tsunami financier nommé « La Crise » a bien aidé les mastodontes européens à avaler - théoriquement - cette nouvelle pilule de règles. Autrefois très dépensiers, des propriétaires comme Roman Abramovitch (Chelsea) ou Silvio Berlusconi (AC Milan), effarés par l'inflation des salaires et des transferts stratosphériques, ont demandé un encadrement des flux financiers. Il faut savoir que l'Association européenne des clubs (ECA) a déclaré que 100 clubs européens avaient déjà accepté cette idée du «fair-play financier», tout comme le comité stratégique de l'UEFA, structure qui regroupe les ligues, les clubs et les joueurs.
Points de frictionsDans la foulée, l'instance présidée par «Platoche» va dégainer une deuxième «proposition visant à limiter la taille des effectifs», afin que les écuries réduisent «leurs dépenses en terme de salaires et de transferts». Bien consciente de ce futur chamboulement, l'UEFA va proposer des conseils en gestion aux clubs. Cependant, quelques points de frictions subsistent. D'abord, la durée sur laquelle s'exercera l'obligation d'équilibre budgétaire : l'ECA se borne à évoquer «une certaine période», tandis que l'UEFA veut retenir les bilans sur trois ans. Enfin, en cas de suspension, un club pourra porter l'affaire en justice, provoquant ainsi des procédures interminables.
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