Rousselot : «Sauver le soldat ASNL»
[Frédéric Biancalani et les Nancéiens se rapprochent dangereusement de la zone rouge. (L'Equipe)]
Muet ces dernières semaines, le président nancéien s'est spontanément présenté en salle de presse pour soutenir Pablo Correa et ses joueurs. Les Lorrains sont passés les uns après les autres, sans vraiment s'éterniser. Même les plus affables d'entre eux, qui ne boudent pas la compagnie des journalistes, ont préféré ne pas trop s'exprimer après cette défaite (0-1) qui enfonce un peu plus l'ASNL dans les sables mouvants du classemenrt. Dimanche, Nancy pourrait se retrouver relégable si jamais Sochaux et Saint-Etienne venaient à rapporter quelque chose de Lyon et de Lorient. Jacques Rousselot, qui va partir en début de semaine se vider la tête quelques jours en Inde a décrété la mobilisation générale avant de prendre son avion. « Il faut sauver le soldat ASNL », a-t-il déclaré solennellement.
Inquiet mais pas abattu, le principal décideur nancéien a une fois de plus réaffirmé qu'il maintenait toute sa confiance à Pablo Correa, une semaine après la démission - refusée - de l'entraîneur uruguayen après une défaite à Sochaux. «Non seulement Pablo restera entraîneur jusqu'à la fin de la saison, mais plus encore. La semaine dernière, il y avait eu des fuites de ce qui s'était passé dans le vestiaire. C'est dommage et regrettable, mais c'est ainsi. Pablo avait donné sa démission par grandeur. Il m'a dit qu'il pouvait partir comme il était venu, et s'asseoir sur ses trois ans de contrat. Avec lui, nous avons vécu sept années fantastiques. Cette saison, c'est un peu plus difficile. Et si on doit mourir, on mourra ensemble ! Moi, j'ai encore plein de projets en tête pour se club, et j'ai envie de continuer sauf si ma santé m'en empêche. La maintien, j'y crois. Le vent va tourner, et les garçons ne vont pas lâcher, croyez-moi.»
Un stage est envisagéJacques Rousselot a déclaré sa flamme à un entraîneur qu'il soutient comme jamais. Le public de Marcel-Picot n'a pas réclamé la démission de Pablo Correa, lequel s'est montré plutôt placide. «Il y a une envie de se battre, mais on a encore payé cher nos erreurs individuelles, a-t-il regretté. Moi, j'aurais préféré qu'on joue moche (sic) et qu'on gagne.» Face à Monaco comme contre Le Mans (2-2) il y a deux semaines, Nancy n'a pas vraiment raté son match. «On a fait de bonnes choses», a admis Correa. Mais le problème de la constance dans l'effort semble récurrent. «Ce n'est pas physique, c'est dans la tête. J'ai un copain chirurgien qui s'occupe de la tête, je vais lui en parler», a poursuivi le Sud-Américain, jamais avare de métaphore, et qui en a même offert une seconde à un auditoire plutôt gâté ces dernières semaines. «Les joueurs sont une peu comme des gamins qui arrivent tout frais le matin à l'école. Et puis, l'estomac se vide, et ils plongent...»
D'ici là, les «gamins», vont bénéficier d'une trêve internationale de plus de dix jours, et Jacques Rousselot n'écartait pas l'hypothèse d'organiser un stage loin de Nancy pour permettre à l'effectif de se régénérer. «On va en discuter avec Pablo, qui prendra la décision finale. Ce serait peut-être bien de les envoyer dans un endroit sympa pour se ressourcer, à part ceux (Ouaddou, Hadji, N'Diaye) qui vont partir en sélection. Cela pourrait faire du bien, car on a mal à la tête et mal au coeur...»
Alexis BILLEBAULT (à Nancy)
L'Equipe